Donald Trump confirme qu’il fera l’impasse sur les débats des primaires républicaines

Les débats des primaires républicaines aux Etats-Unis se feront sans Donald Trump. L’ancien président américain a confirmé, dimanche 20 août sur son réseau social Truth Social, qu’il fera l’impasse dès la première réunion prévue mercredi.

« Le public sait qui je suis et quelle présidence réussie j’ai exercée, avec l’indépendance énergétique, des frontières et une armée fortes, les plus importantes réductions d’impôts et de réglementations, pas d’inflation, l’économie la plus forte de l’Histoire, et bien d’autres choses encore », écrit-il.

« JE NE PARTICIPERAI DONC PAS AUX DÉBATS ! », ajoute-t-il, affirmant bénéficier de 62 % des intentions de vote aux primaires républicaines, soit 46 points d’avance sur son rival le plus sérieux, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis. Ron DeSantis « s’écrase comme un oiseau malade », a raillé l’ancien président.

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Fox, un « réseau hostile »

L’ancien président, et favori au sein du « Grand Old Party », déclare depuis des mois qu’il ne voit pas l’intérêt de rejoindre ses rivaux républicains sur scène lors du premier débat à Milwaukee (Wisconsin), mercredi, compte tenu de son avance dans la course à la candidature du parti.

« Pourquoi autoriserais-je les gens à 1 ou 2 % et 0 % à me poser des questions toute la nuit ? » a-t-il déclaré dans une interview en juin avec l’animateur de Fox News, Bret Baier, qui servira de modérateur. M. Trump a également critiqué à plusieurs reprises Fox, l’hôte de l’événement, insistant sur le fait qu’il s’agit d’un « réseau hostile » qui, selon lui, ne le traitera pas équitablement.

Donald Trump avait évoqué plusieurs options de contre-programmation au débat de mercredi, notamment une interview à Tucker Carlson, l’ancien animateur star de Fox News aujourd’hui diffusé sur X, ex-Twitter. Le New York Times a rapporté samedi que l’entretien, dont la diffusion est prévue mercredi pendant le débat, avait déjà été enregistré. « Nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer − restez à l’écoute », a déclaré le porte-parole de M. Trump, Steven Cheung.

Cinq mois avant le début des primaires, qui désigneront le candidat républicain à la présidentielle américaine de 2024, Donald Trump bénéficie d’un soutien de sa base plus fort que jamais. Mais ses déboires judiciaires jettent une ombre sur sa tentative de retour à la Maison Blanche. Le tempétueux milliardaire, qui dénonce une « chasse aux sorcières », est assailli par les affaires : il est inculpé de complot à l’encontre des institutions américaines en lien avec ses actes pour inverser le résultat de la présidentielle de 2020, de gestion négligente de dossiers confidentiels et de falsification de documents comptables après l’achat du silence d’une actrice de films X.

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« Lâche »

Sept candidats ont rempli les critères nécessaires pour participer à la première réunion de mercredi. Outre Ron DeSantis, seront présents l’ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie, le gouverneur du Dakota du Nord Doug Burgum, l’ancien vice-président de Donald Trump Mike Pence, son ancienne ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley, le sénateur de Caroline du Sud Tim Scott, et l’homme d’affaires Vivek Ramaswamy. Les instances du Parti républicain avaient donné à Donald Trump jusqu’à lundi pour faire part de sa décision sur son éventuelle participation.

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Les rivaux de l’ancien président craignent que son absence aux débats ne les fasse apparaître comme des candidats de second plan, et ne leur permette pas de se mesurer directement à lui pour essayer de modifier la tendance des pronostics. Chris Christie, l’un des rares candidats républicains à s’attaquer directement à Donald Trump, l’a accusé de manquer « de courage pour se montrer », en le traitant de « lâche » s’il ne participait pas aux débats.

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Des proches du milliardaire craignent en revanche que ses concurrents ne profitent de son absence pour lancer une dynamique. En 2016, après avoir manqué un débat, Donald Trump avait perdu l’Iowa aux primaires républicaines au profit du sénateur texan Ted Cruz.

Comme condition à leur participation aux primaires, les candidats doivent s’engager « à honorer la volonté des électeurs aux primaires » et à soutenir le vainqueur. Mais la manière de faire respecter cette règle n’est pas évidente. Donald Trump a déjà déclaré qu’il ne signerait pas cet engagement.

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Le Monde avec AP et AFP