« Face au retour des nationalismes, nous défendons l’idéal d’une Europe fédérale, forte et juste »

L’Europe et la France sont entrées dans une nouvelle ère. Un monde plus inquiétant où, à la catastrophe écologique, s’ajoutent chaque jour des menaces plus nombreuses sur les institutions démocratiques. Notre continent connaît à nouveau la guerre, alors que, partout, les propositions autoritaires fleurissent sur le terreau des difficultés économiques et des inquiétudes sociales. Elles prospèrent grâce à l’absence de projets politiques ambitieux, courageux et mobilisateurs.

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Dans ce contexte, nous devons nous appuyer sur des principes clairs pour guider l’action politique, et dessiner un horizon à nos sociétés. C’est pour cela que nous disons avec force, alors qu’approchent les élections européennes et que le gouvernement français évoque une possible réforme de nos institutions, que le fédéralisme constitue pour nous un principe politique cardinal, qui permet de répondre efficacement aux défis qui sont devant nous.

Parce que le fédéralisme garantit à la fois le respect des droits humains et le respect d’un ordre international juste et pacifique, il promeut la reconnaissance des peuples, de leur diversité, de leur nécessaire autonomie. Il dit la volonté de les unir dans une perspective de partage et de solidarité, afin d’être plus forts ensemble. Parce que le fédéralisme réaffirme notre idéal démocratique, il propose de rapprocher les citoyens des pouvoirs, de les faire participer plus et mieux à la gestion de leurs affaires, et de doter chaque échelon territorial de moyens et de marges d’action propres qui engagent la responsabilité de tous.

Chambre des régions

C’est la raison pour laquelle nous demandons l’approfondissement de la construction européenne dans le sens d’une Europe fédérale. La guerre en Ukraine comme le Brexit et l’échec retentissant de l’isolationnisme britannique, qui a divisé plus que jamais les peuples de Grande-Bretagne, ont mis en lumière la nécessaire union des démocraties européennes face aux périls autoritaires. Il est aussi nécessaire, pour les mêmes raisons, que ces démocraties accordent la pleine autonomie dans leurs affaires internes à leurs nationalités.

Aussi demandons-nous la création d’une chambre des régions de l’Europe, un « Sénat des régions », travaillant en liaison avec le Parlement et l’exécutif de l’Union européenne. Ce Sénat doit être doté de vrais pouvoirs et représenter la voix des territoires au niveau de l’Union.

En France, le centralisme, qui est au cœur même de nos institutions et n’a cessé de se renforcer ces dernières années, alimente le malaise démocratique. En concentrant l’essentiel des pouvoirs à l’échelon national, et de plus en plus dans une seule personne, il participe à l’affaiblissement de la culture démocratique, désarme civiquement nos compatriotes, quand il ne les pousse pas vers de fausses solutions autoritaires.

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