l’écrasante domination de la Premier League anglaise en Europe

Sur le terrain économique, la Premier League a une nouvelle fois plié le match cet été. Pendant la saison des transferts, qui s’est conclue le 1er septembre, les vingt clubs de la première division anglaise ont dépensé 2,4 milliards de livres sterling (2,8 milliards d’euros) en achat de joueurs. C’est autant que… l’ensemble des dépenses réalisées dans les championnats français, allemand, espagnol et italien combinés, selon les calculs de Kieron O’Connor, qui tient le blog spécialisé Swiss Ramble. Soit un championnat qui pèse autant que ses quatre principaux rivaux.

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Année après année, le déséquilibre économique s’accentue entre le football anglais et le reste du monde. Son championnat compte onze des vingt clubs les plus riches d’Europe, selon le cabinet Deloitte. Comme preuve de sa puissance financière, M. O’Connor prend l’exemple de Burnley, petit club promu cette saison en Premier League, qui a dépensé, cet été, 93 millions de livres sterling net : « Aucun club en Allemagne et en Italie n’a dépensé autant et aucun club, à une exception près, n’a dépensé autant en France [PSG] et en Espagne [Real Madrid]. »

Derrière cette écrasante domination se trouvent, avant tout, les sommes colossales perçues en droits télévisés, conséquence de l’arrivée de la télévision payante, il y a trois décennies. En 1992, le tycoon Rupert Murdoch tente de faire décoller son bouquet satellite Sky et décide de parier gros : il s’offre les droits de retransmission du football anglais pour cinq ans pour 214 millions de livres sterling (environ 450 millions de livres sterling aujourd’hui, soit 525 millions d’euros). Le monde du ballon rond n’en revient pas.

Envolée à l’international

La formule s’avère payante. Les toits des maisons britanniques se couvrent d’antennes paraboliques, les foyers s’abonnant à Sky en nombre. Le bouquet satellite rentabilise son investissement et les clubs s’enrichissent. Depuis, chaque renouvellement des droits se traduit par une nouvelle envolée des prix, toujours dominée par Sky (qui n’appartient plus au groupe de M. Murdoch, mais à l’américain Comcast).

La dernière mise aux enchères couvrait les années 2019-2022 et, pandémie oblige, les droits ont été prolongés pour 2022-2025 pour le même montant, soit 5 milliards de livres sterling pour trois ans. Sky domine toujours avec 128 matchs retransmis par an, loin devant les chaînes de sport de BT (52 matchs) et Amazon (20 matchs).

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Cette enveloppe ne concerne que les droits de diffusion à l’intérieur du Royaume-Uni. Pour l’international, l’envolée des prix est plus récente, mais tout aussi spectaculaire. Les clubs, toujours plus riches, ont beaucoup investi dans du marketing et des tournées internationales, essentiellement en Asie ou aux Etats-Unis. L’intérêt des supporteurs à travers le monde a beaucoup progressé. Désormais, les droits internationaux atteignent eux aussi 5 milliards de livres sterling sur trois ans. Certains accords ont fait date : aux Etats-Unis, NBC a acheté les droits pour six ans pour 2 milliards de livres sterling ; en Scandinavie, Viaplay a signé un contrat pour environ la même somme, pour couvrir neuf pays d’Europe du Nord.

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